Man is an animal suspended in webs of significance that he himself has spun...

Friday, January 7, 2011

Etrangeté

I have always been intrigued and impressed by my French friends’ deep appreciation for poetry.
They start young. When the Frenchlings were in elementary school I remember them sitting at the dining room table memorizing poems for French class. They must have learned hundreds of poems, some of which they can recite even today. Over the years and with a lot of guidance from friends, I’ve come to love it too.

So I was delighted when my friend and colleague, Corinne Texier, gave me permission to post some of her work here.

In English the title of the poem is “Strangeness”.   Not wishing to be a “translator, traitor,” I have not translated it into English since I know I couldn’t capture her meaning in a way that would do it justice. May you enjoy it as much as I did.

Etrangeté

Le vent doucement vient de s’apaiser,


Les oiseaux n’osent plus à cet instant chanter,
Le silence comme une feuille sur le sol posé,
Les rides du lac lentement viennent à s’effacer.

Sur ces berges un fantôme semble se dessiner,
Au témoin le voile garde ces traits dissimulés,
Mais ressent le silence que le spectre a imposé,
Il s’approche de l’onde et vient si agenouiller.

On distingue alors ces mains toutes décharnées
Que le vent d’un souffle pourrait briser,
Le témoin à cet instant s’arrête de respirer,
Vers lui le visage lentement vient de se tourner.

La main gracieuse, le voile semble attraper,
Révélant ce visage que le temps à ravagé,
Sur vous son regard, elle vient de poser,
Elle ne semble pas des berges vouloir bouger.

Vers elle maintenant vous vous avancez,
Vous discernez nettement son visage atrophié,
Prés d’elle sur le sol à ses coté, vous venez,
Dans ses yeux noirs vous y retrouvez le passé.

Elle se penche alors vers le miroir de pureté,
Son visage comme par magie vient se refléter,
Il n’est pas celui que vous semblez regarder,
Mais seulement ce que la vie semble lui laisser.

Dans quel miroir le soir voulez vous regarder ?
Celui de ce lac qui seul restitue la beauté ?
Ou celui de mon cœur sous les brumes cachées ?
Une larme des yeux noirs dans le lac est tombée.

Une si petite chose pouvait donc tout effacer,
Comme une flèche le cœur venant transpercer,
Le visage dans l’eau, c’est par magie volatilisée,
Ce spectre a-t-il pour vous réellement existé ?

Moi je l’ai sur cette berge rencontrée,
Un rêve qui me montrait une réalité,
Et les larmes sur mes joues ont coulé,
Dans ce miroir je voulais tant y regarder.

Corinne Texier

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